Les Expériences de Mort Imminente (EMI ou en anglais NDE. near death experience) permettent de réintégrer la mort dans le champ de la culture occidentale.

Patrice Van Eersel, auteur du livre à succès «La source noire» parle dès 1986 de réapprivoiser la mort. En effet, dans une culture scientifique et technique matérialiste, en particulier dans le domaine médical, la mort est tabou, la mort fait peur, la mort se combat et quand elle triomphe - ce qui est d'ailleurs finalement toujours le cas - on la cache, on la dissimule, on n'en parle pas. Mais - ô paradoxe ! - grâce aux progrès de la médecine scientifique et technique, en particulier grâce aux progrès des réanimations post-opératoires, les Expériences de Mort Imminente (E.M.I.)se multiplient, entrainant des témoignages de plus en plus nombreux et de plus en plus précis d'un monde, d'une réalité, après ou autour de la mort, que la culture occidentale avait voulu dénié depuis si longtemps. Plus étonnant encore, tous les témoignages concordent, quelles que soient les cultures d'appartenance, pour décrire cette réalité extraordinaire selon des invariants que l'on peut décrire précisémment, presque scientifiquement. Raymond Moody, le premier, dès les années 1970, dans son livre «Life after life» a entrepris de recueillir et d'analyser les témoignages qu'il a appelés N.D.E. Near Death Experience. Voici quelques uns des traits essentiels de ces expériences que Patrice Van Eersel dans «la Source noire» retranscrit :

«Premier caractère, qui détermine tout le reste : la totalité des experiencers disent que leur vision n'est pas racontable en mots humains. Que rien dans la vie normale, ne peut être comparé à ce qu'ils ont vécu : l'amour inconditionnel dont ils parlent tous, serait ineffable, déborderait de leur bouche(...)
Deuxième caractère : le mourant ou le comateux s'entend déclarer mort, il n'en revient pas : ça pourrait bien être vrai, tout lui semble soudain si étrange.
Troisième caractère : une sensation de paix et de calme l'envahit.
Cinquième caractère : l'individu se sent sortir de son corps. Il se voit de l'extérieur, voit ses éventuels sauveteurs. Souvent il tente vainement de les contacter.
Sixième caractère : le moribond se sent aspiré par un tunnel noir, une cave, un puits, un trou, un vide, un abîme, un égout, une vallée, un cylindre, une spirale. Chacun a son mot, mais c'est bien de la même obscurité qu'on parle(...)
Huitième caractère : au fond du puits, il aperçoit une lumière. Une lumière particulière d'une brillance de plus en plus forte à mesure qu'il s'en approche(...)

Neuvième caractère : toute sa vie remonte soudain à la conscience. Dans les moindres détails. Cette revue de vie semble commentée par une voix intérieure pleine d'humour.Dixième caractère : soudain, le moribond rencontre une limite, une frontière, quelque chose l'arrête dans sa progression toujours plus profonde vers le centre de la lumière. Quelque chose lui dit alors que son heure n'est pas venue, qu'il va devoir faire demi-tour, regagner son corps physique.
Onzième caractère : le retour. Ce qui plus tard lui apparaîtra comme un fieffé coup de chance, sonne tout d'abord comme une cruelle condamnation : retour à la lourdeur, à la limitation, à la souffrance.
Douzième caractère
: alors commencent les vrais problèmes. Encore à demi-groggy, l'ex-moribond n'a qu'une idée en tête : raconter aux autres l'inimaginable voyage(... ) Seulement voilà : dès les premières tentatives, le rescapé comprend sa douleur : les humains ne veulent rien entendre. «Ce sont des salades !». L'épreuve lui tombe dessus comme un manteau de plomb.»
Patrice Van Eersel "La source noire" Livre de poche n° 6358

Lire aussi l'article que j'ai écrit sur le livre d'Olivier Chambon "Expériences extraordianires autour de la mort, réflexion d'un psychiatre sur la science et l'au-delà", (GuyTrédaniel 2012)
où celui-ci fait le point sur les expériences autour de la mort, répertoriées par des chercheurs scientifiques, en réfléchissant sur cette nouvelle science intégrative qui tente de faire le lien avec le monde invisible.

Il faut saluer la création de l'Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires (INREES) qui, grâce à ses nombreuses conférences, ses ateliers, son journal, son site internet, développe ces espaces de connaissance trop souvent méprisés au pays de Descartes.
Il est important aussi que la psychothérapie intégrative intègre ces expériences dans le champ de son domaine d'application.