Les quatre niveaux de l'intégration
L'intégrisme est l'anti- intégration par excellence : une partie se prend pour le Tout, ne supporte pas les autres parties dans leur différence et va tenter d'imposer sa vérité comme seule vérité, en détruisant les autres parties. En psychothérapie, c'est la loi Accoyer qui veut faire disparaître les psychothérapeutes qui ne sont pas médecins ou psychologues. Ou c'est le combat franco-français de la psychanalyse contre les TCC (Thérapie Cognitive et Comportementale), où l'un des protagonistes doit éliminer l'autre. Cette tendance très fréquente provient du cerveau reptilien archaïque de l'ëtre humain, dans son réflexe de défense du territoire. Cette position menace actuellement la survie de l'espèce humaine dans la confrontation des visions du monde différentes, vus les moyens de destruction à disposition.
L'intégration - phagocytage par absorption : une partie plus importante va absorber une (ou des) partie(s) plus faible(s) ou minoritaire(s), par des moyens pacifiques (persuasion, éducation, publicité, etc). C'est le mode d'intégration que l'on retrouve souvent en sociologie ou en économie- politique, par exemple pour la mondialisation (démocratie et économie de marché) ou en France pour intégrer les immigrés. En psychothérapie, l'Université et ses méthodes (psychologie et psychiatrie), a voulu absorber les psychothérapies et leur spécificité en proposant de créer un master de psychopathologie (bac + 5), ou alors, ce sont les organisations professionnelles qui ne reconnaissent qu'une cinquantaine d'écoles en absorbant, en réduisant la diversité des psychothérapies.
L'intégration - éclectisme : les parties différentes coexistent l'une à côté de l'autre, en respectant leurs différences, en tolérant l'existence de chacune. Les échanges, plutôt rares, sont variables : chacun garde sa spécificité. Cela correspond en psychothérapie à l'éclectisme, c'est à dire à la juxtaposition de techniques différentes sans relation particulière. C'est le cas le plus fréquent de la pratique actuelle intégrative.
L'intégration - structuration qui tente d'organiser, de structurer, de théoriser les rapprochements entre des parties différentes. Le dialogue, les échanges approfondies entre les différentes parties finissent par entraîner des articulations, des régles de fonctionnement. Mais chaque partie garde sa spécificité. C'est la forme d'intégration en psychothérapie, sur laquelle je mène ma recherche théorico-pratique, en particulier par la mise en évidence des schémas intégrateurs.
L'intégration-création : c'est un niveau d'intégration encore supérieur, où, après une période d'échange et de dialogue, les différentes parties fusionnent et donnent naissance par créativité à une nouvelle forme qui les transcende. Au niveau artistique, cela est assez fréquent, par exemple dans la musique. En psychothérapie, c'est l'irruption, à force de coexistence, d'une nouvelle méthode thérapeutique, englobant des méthodes précédentes de manière créative (ainsi la Gestalt, la PNL, la psychosynthèse) et de nombreuses méthodes actuelles qui témoignent du foisonnement créatif de la psychothérapie par intégration - création.