Propos personnels sur la psychothérapie intégrative

La psychothérapie intégrative s'appuie sur une vision de l'être humain, globale, holistique et multidimensionnelle. Elle tente de structurer et de rendre cohérent l'utilisation des différentes techniques selon cette vision. Par contre, la psychothérapie éclectique utilise et mélange les techniques sans trop savoir pourquoi, ni comment, en une sorte de bricolage pragmatique.
La psychothérapie éclectique est tatônnement, la psychothérapie intégrative est approfondissement.

La psychothérapie intégrative ressemble à la palette du peintre, la psychothérapie éclectique à la boite à outils du bricoleur, même si je pense que le bricolage puisse être parfois utile et préparer l'oeuvre d'art.

Pourquoi pratiquer la psychothérapie intégrative ? Pour ne pas s'ennuyer et par esprit d'ouverture et de créativité.
Comme cela doit être difficile et monotone de pratiquer toujours la même technique, un peu comme un peintre qui n'utiliserait définitivement qu' une seule couleur - même si le monochrome peut donner parfois de bons résultats.

Quant à la spécialisation sur une seule technique, c'est l'ennui programmé, puiqu'elle est à côté de la vie qui est par essence multiforme, multidimentionnelle, multifacettes, paradoxale et contradictoire. La spécialisation à outrance, reflet d'un scientisme séparateur, a fait son temps. Son confort sent la mort.

Pourquoi les différentes écoles, techniques, méthodes autour de la psyché humaine (psychiatrie, psychologie, psychanalyse, psychothérapie) se font-elles la guerre ou s'ignorent elles superbement, depuis cette fameuse affaire de la reconnaissance du titre de psychothérapeute, soulevée par le député Accoyer ?
On peut attendre cela des partis politiques ou des entreprises sur un même marché économique, puisque la compétition est leur régle de base. Mais les "psy...?" On pourrait espérer de leur part un "plus" de sagesse et de conscience, un mouvement supérieur de l'esprit vers l'unité et la solidarité, c'est à dire un esprit intégratif qui leur permette de se respecter et de s'accepter dans leurs différences et leurs richesses méthodologiques. Il n'en est rien. Ils sont comme les autres, déterminés par le contexte social et culturel qui les pousse à se battre depuis trois ans, autour du titre de "psychothérapeute", en donnant le plus mauvais exemple.

La plupart des « psy » ne se cantonnent plus à une seule technique, mais au contraire utilisent de plus en plus différentes techniques apprises à droite et à gauche dans des séminaires de formation continue.
Le temps des spécialistes est terminé, même les psychanalystes se mettent à faire de l'EMDR et les comportementalistes s'intéressent à l'inconscient, même les syndicats de psychothérapeutes, qui pourtant défendent avec pugnacité la légitimité de leurs écoles spécialisées face aux pouvoirs publics, même les syndicats reconnaissent l'importance du courant intégratif et éclectique.
Pourtant, très peu de personnes parlent de ces pratiques intégratives ouvertement et essaient de les théoriser. C'est un peu comme les médecines complémentaires, tout le monde les utilise, mais très peu osent en parler ouvertement à leur médecin.

Impossible d'enfermer la psychothérapie intégrative dans un système clos. C'est un mouvement irrésistible, incontrôlable, qui fait peur. Les 400 techniques de psychothérapies différentes, annoncées par les médias, font partie de ce mouvement de créativité ininterrompue, de cette psychothérapie intégrative qui combine à l'infini les différentes techniques provenant des courants les plus importants de la psychothérapie. On parle alors de nébuleuse avec suspicion et effarement. On voudrait bien stopper ce mouvement, en sortant des lois d'exclusion et de déni, comme la loi Accoyer.
Mais on ne peut pas stopper ce mouvement. La psychothérapie intégrative appartient au mouvement de la vie qui aime se déployer en une créativité absolue et insolente. Et cette créativité, par les temps qui courent, face aux impasses des régressions collectives archaïques (les intégrismes de toutes sortes), on en a bien besoin !