Propos personnels sur la psychothérapie intégrative

La psychothérapie intégrative s'appuie sur une vision de l'être humain, globale, holistique et multidimensionnelle.
Elle tente aussi de structurer et de rendre cohérent l'utilisation des différentes techniques selon cette vision,  à la différence de la psychothérapie éclectique qui utilise et mélange les techniques sans trop savoir pourquoi, ni comment, en une sorte de bricolage pragmatique.
La psychothérapie éclectique est tatônnement, la psychothérapie intégrative est approfondissement.

La psychothérapie intégrative ressemble à la palette du peintre, la psychothérapie éclectique à une boite à outils du bricoleur mal rangée, même si le bricolage puisse être parfois utile et préparer l'oeuvre d'art.

Pourquoi pratiquer la psychothérapie intégrative ?
Pour ne pas s'ennuyer et par esprit d'ouverture et de créativité.
Comme cela doit être difficile et monotone de pratiquer toujours la même technique, un peu comme un peintre qui ne saurait utiliser qu'une seule couleur.

La spécialisation sur une seule technique, c'est l'ennui programmé, puiqu'elle est à côté de la vie qui est par essence multiforme, multidimentionnelle, multifacettes, paradoxale et contradictoire. La spécialisation à outrance est le reflet d'un scientisme séparateur, qui a fait son temps.

Pourquoi les différentes écoles, techniques, méthodes autour de la psyché humaine (psychiatrie, psychologie, psychanalyse, psychothérapie) se font-elles la guerre ou s'ignorent-elles superbement, surtout depuis cette fameuse affaire de la reconnaissance du titre de psychothérapeute, soulevée par le député Accoyer en 2003 et mise en loi en 2010 ?
On peut attendre cela des partis politiques ou des entreprises en concurrence sur un même marché économique, puisque la compétition est leur régle de base. Mais les "psy...??? On pourrait espérer de leur part un "plus" de sagesse et de conscience, un mouvement supérieur de l'esprit vers l'unité et la solidarité, c'est à dire un esprit intégratif qui leur permette de se respecter et de s'accepter dans leurs différences et leurs richesses méthodologiques.
Il n'en est rien. Ils sont comme les autres, déterminés par le contexte social et culturel délétère de la compétition. qui les a poussé à se disputer un titre pendant sept ans, pour aboutir en 2010 à un piètre résultat, au mépris de toute réalité.

La plupart des « psy » ne se cantonnent plus à une seule technique, mais au contraire utilisent de plus en plus différentes techniques apprises à droite et à gauche dans des séminaires de formation continue.
Le temps des spécialistes est terminé, même les psychanalystes se mettent à faire de l'EMDR et les comportementalistes s'intéressent parfois à l'inconscient, même les syndicats de psychothérapeutes, qui pourtant pourtant aiment défendre avec pugnacité la légitimité de leurs écoles spécialisées, même les syndicats se sont mis à reconnaître l'importance du courant intégratif, multiréférentiel et éclectique.
Pourtant, peu de personnes parlent de ces pratiques intégratives ouvertement et essaient de les théoriser. C'est un peu comme les médecines complémentaires, tout le monde les utilise, mais très peu osent en parler ouvertement à leur médecin.

Impossible d'enfermer la psychothérapie intégrative dans un système clos. Les 400 techniques de psychothérapies différentes, annoncées par les médias, font partie d'un mouvement de créativité ininterrompue que l'on retrouve dans la psychothérapie intégrative qui combine à l'infini les différentes techniques psychothérapeutiques.
Il est tentant alors pour les pouvoirs en place, de parler d'une "nébuleuse" avec suspicion et effarement. On voudrait bien stopper ce mouvement, en sortant des lois d'exclusion et de déni, comme la loi Accoyer.
Mais on ne peut pas stopper ce mouvement. La psychothérapie intégrative appartient au mouvement de la vie qui aime se déployer en une créativité absolue et insolente. Et cette créativité, par les temps qui courent, face aux impasses des régressions collectives (les intégrismes de toutes sortes), on en a bien besoin !

En ces temps chaotiques où règnent les pervers, dans une marchandisation du monde de plus en plus éhontée, beaucoup de psys se sont réfugiés derrière des protocoles magiques, dotés de toutes les vertus, s'appliquant à tous les symptômes, et guérissant soit disant de plus en plus rapidement.
C'est facile de repérer ces protocoles, ils s'affublent le plus souvent de sigles mystérieux pour faire sérieux (PNL, TCC, EMDR, TIPI, EFT, TAT, ACT, etc). Il y a un bémol pour la PNL héritière en partie des psychothérapies humanistes et donc à vocation intégrative.

Les temps changent : il y a une quinzaine d'années, déclarer que le temps moyen d'une thérapie variait de six mois à un an, vous plaçait parmi les adeptes de la thérapie brève.
Maintenant, quand je leur annonce cela, beaucoup me regardent avec incompréhension, ils veulent guérir de leurs maux rapidement, en quelques séances, voire une seule séance. Ils ont sans doute lu cela dans la presse à la mode.

Pourtant, par ailleurs, je n'ai rien de particulier contre ces protocoles affublés d'acronymes ; j'en  utilise même parfois certains (EMDR, EFT, TAT...), comme des outils faisant partie de la boîte à outils de la psychothérapie intégrative.
Ce que je leur reproche, c'est de se prendre souvent comme une panacée universelle, pouvant se suffire à elle-même, dans la méconnaissance des autres techniques et des différentes dimensions de l'être humain.
La psychothérapie intégrative est tout sauf protocolaire, mais il lui arrive de se servir de certains protocoles comme une couleur supplémentaire à son tableau d'ensemble.

La seule chose qu'il est impossible d'intégrer en psychothépie intégrative, c'est l'intégrisme de certaines techniques qui prétendent résoudre à elles seules tous les maux.
Pour donner des exemples, il y a quelquefois cette tendance en EMDR ou pour la Pleine Conscience, alors que ce sont des techniques qui ont chacune leurs limites et doivent être intégrées harmonieusement à d'autres techniques.