Les expériences extraordinaires sont du plus grand intérêt pour la psychothérapie intégrative

Pourquoi la psychothérapie se restreindrait-elle uniquement aux expériences de la conscience ordinaire et ses symptomes ? Pourquoi jeter la suspicion ou exclure toutes ces expériences extraordinaires de notre esprit humain, beaucoup plus fréquentes qu'on ne le pense - ces exclusions jetant souvent le désarroi sur ceux qui les vivent. Une psychothérapie intégrative qui se respecte, se doit de faire tomber tous ces murs d'incompréhension et d'exclusion qui ont été érigés par le réductionisme scientifique et ses émissaires : les pouvoirs universitaires en place - psychiatriques et psychologiques. La psychothérapie intégrative se doit donc d'intégrer les expériences extraordinaires de la psyché, pour éventuellement les accompagner si elles posent problème dans une culture dominante qui les rejette, ou pour exploiter les ressources thérapeutiques qu'elles récèlent souvent.
Parmi ces expériences extraordinaires il faut citer comme nous l'invite le Professeur Charles T. Tart : "les 5 grandes catégories de phénomènes psi pour lesquels il y a des centaines d'expérimentations attestant de leur réalité : la télépathie, la clairvoyance, la précognition, la psychokinèse et la guérison psychique", auxquelles il faut ajouter les expériences transpersonnelles et spirituelles de nature très variée, les expériences de mort imminente, les communication avec les esprits, avec les morts, avec les extraterrestres, les souvenirs de vies antérieures, les sorties de corps (OBE) et tout ce qu'on appelle "les états modifiés de conscience" - états qui ont été aussi abondamment décrits par Stanislav Grof.
Merci à l'INREES (Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires) d'avoir rompu ce mur du silence, afin de porter au jour tous ces domaines précieux de la conscience, par des conférences, des ateliers, un journal, un site internet. Pour plus d'informations sur cette très intéressante association, consulter son site internet.
Voici des extraits d'un interview de Charles T. Tart, professeur de psychologie à l'Institut de psychologie transpersonnelle de Palo Alto en Californie, interview trouvé dans le magazine de l'INREES n°2 .

«Je travaille sur mon prochain livre, dans lequel j'explique que tout ce que j'ai appris en tant que psychologue, et particulièrement comme psychologue transpersonnel, démontre que nous sommes des êtres spirituels. Quelque chose en nous est spirituel, mais nous vivons dans un monde où le matérialisme est la philosophie dominante Et son message est «La spiritualité est une absurdité ! Ce n'est qu'un amas de superstitions, probablement pathologiques. L'esprit n'est rien de plus que le cerveau. (...)Ce livre que je suis en train d'écrire explique fondamentalement comment on peut être scientifique et se pencher sur ce domaine. On peut rester tout à fait scientifique et constater qu'il existe un tas d'indices démontrant que l'esprit humain fait des choses qui ne peuvent pas être expliquées par le matérialisme. Il est donc parfaitement rationnel d'investir de l'énergie dans la recherche spirituelle. Il est parfaitement acceptable d'être à la fois à la recherche de réponses spirituelles et une personne rationnelle et scientifique. C'est le message de mon livre. Dans un certain sens cet ouvrage explique l'essentiel de ma carrière en reliant mes recherches sur la parapsychologie, les états de conscience, la psychologie transpersonnelle et mon envie d'essayer de partager mes convictions".

"Inrees : Vers qui les personnes ayant fait ces expériences extraordinaires peuvent-elles se tourner ? Vers des proches, des médecins, des psychiatres ?
Prof Charles T. Tart : Dans l'ensemble, il n'ya pratiquement personne vers qui elles peuvent se tourner. En général, les professionnels de la santé mentale, les psychiatres, les médecins, les psychologues ne connaissent pratiquement rien sur ces sujets et partagent les préjugés matérialistes qui rejettent automatiquement ces expériences en disant : 'Oh, vous devez être fou si vous avez vécu une telle expérience". La majorité des gens sont très déçus quand ils se décident à parler(...)
Les personnes qui ont vécu une EMI (une expérience de mort imminente) font globalement le même constat : ils essaient de décrire leur expérience et se font ridiculiser ou rejeter. On leur dit qu'ils sont fous ou qu'ils ont vécu une expérience diabolique et d'autres bêtises de ce genre. La création il y a quelques années de l'Association internationale pour l'étude des expériences de mort imminente (IANDS) a constitué une avancée magnifique car les personnes ayant vécu une EMI ont finalement pu échanger avec d'autres personnes ayant vécu le même type d'expérience (...)
Pour beaucoup de gens qui ont vécu une expérience psychique extraordinaire , pouvoir simplement en parler avec quelqu'un et être accepté est suffisant. Comme lorsque je réponds : "Cela ne signifie pas que vous êtes fou, c'est une expérience normale, elle a un nom." Mon statut de professeur transforme ces mots en une déclaration digne de foi. Pour beaucoup de personnes, c'est tout ce dont elles ont besoin. Pour d'autres cependant, c'est plus que cela, elles ont vécu une expérience très émouvante qu'elles dpoivent intégrer dans leur vie d'une manière ou d'une autre, une aide professionnelle peut alors être appropriée(...)
Certains individus ont besoin d'un conseiller ou d'un psychothérapeute suffisamment ouvert pour considérer ces expériences psychiques ou spirituelles comme faisant partie de leur vie. Ici en Californie, nous disposons d'un réseau d'orientation du patient qui a été mis en place par Stan Grof et sa femme. L'idée originale de ce réseau appelé Spiritual Emergeny Network se situe à deux niveaux : d'une part ils cherchent des professionnels de la santé mentale capables de prendre en charge ces personnes, et mettent en place des programmes de formation dans ce but. Cette partie du projet est magnifique. D'autre part, ils souhaitent lister les personnes dans le monde entier qui ont vécu ce type d'expériences, pour les mettre en contact et partager leurs expériences (...)
Vous constituez un réseau social de personnes qui ne disent pas systématiquement :"Vous êtes fou" (C'est précisément le projet que porte l'Inrees en France).

Le magazine de l'INREES hiver 2008/2009 numéro 2